Les parents doivent être impliqués dans la mise en oeuvre des droits de l’enfant

17.05.19

ONU Genève - Les parents (ou tuteurs légaux) et les familles ont été relativement absents des discussions sur les droits de l'enfant. MMM, dans sa réponse à une consultation du Comité des droits de l'enfant des Nations Unies, a déclaré qu'il était temps de réaffirmer leur rôle de premiers éducateurs de leurs enfants, de chercher des moyens de prévenir la séparation des enfants de leur famille et de mieux soutenir les parents pour qu’ils participent à la réalisation des droits des enfants.

Les familles peuvent être le théâtre de graves violations des droits humains, allant de la négligence à la violence et aux abus, en passant par des pratiques traditionnelles néfastes telles que les mutilations génitales féminines. L’abus peut aller jusqu’à un meurtre, par exemple à travers des meurtres dits « d’honneur ».

Cependant, des préoccupations légitimes concernant de telles violations des droits de l’homme ont conduit à l’adoption de lois parfois discutables, et certains services gouvernementaux de protection de l’enfance sont devenu trop zélés. Il en résulte un nombre croissant de confiscations illicites d’enfants de parents innocents dans un certain nombre de pays occidentaux.

Au Royaume-Uni, par exemple, Les enfants volés d’Angleterre, un documentaire télévisé de 2016 diffusé à la télévision française (France 5), montre les méthodes violentes utilisées par les services sociaux à l’encontre des parents soupçonnés d’être maltraitants – sans aucune preuve. En outre, la loi britannique autorise le fait que la pauvreté puisse être l’unique justification du retrait d’un enfant à ses parents, ce qui constitue une violation flagrante du droit de l’enfant de vivre dans un environnement familial.

Les enfants que le système entend protéger peuvent ainsi être inutilement privés de leur environnement familial et se retrouver placés en institution ou dans une famille d’accueil ou être rapidement mis sur le marché de l’adoption. Et les parents injustement privés de leurs enfants sont privés de tout droit et de tout moyen de les récupérer.

À plusieurs reprises, le Comité ONU des droits de l’enfant a exprimé dans ses observations finales son inquiétude devant le nombre élevé d’enfants bénéficiant d’une protection de remplacement et le retrait fréquent d’enfants de leurs familles en premier recours en cas de négligence ou de difficultés financières – Cela a par exemple été le cas pour le Canada et le Royaume-Uni.

La plupart des parents ne veulent que le meilleur pour leurs enfants. Et les familles, quelque soit leur forme et dans toute leur diversité, restent les unités fondamentales de la société. Elles devraient être le « milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres et en particulier des enfants, » préconisé par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant de 1989.

Au lieu de retirer les enfants à leurs parents, les États devraient s’attaquer aux causes profondes qui peuvent amener des parents à la négligence, à la violence ou à la maltraitance: manque d’éducation, traditions néfastes, pauvreté et exclusion sociale sont les véritables facteurs de la maltraitance des enfants. Plutôt que d’être punis par le retrait de la garde de leurs enfants, les parents à risque devraient être mieux soutenus financièrement et bénéfié de soutien psychologique et de conseils. Ils devraient également être mieux éduqués et informés, en particulier sur l’importance d’un environnement stimulant et d’une parentalité positive pour leurs enfants.

Le Comité ONU des droits de l’enfant est un comité d’experts indépendants qui contrôle la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant. Tous les deux ans, le Comité organise une journée de débat général sur un article spécifique de la Convention ou un sujet connexe.

La Convention relative aux droits de l’enfant affirme le droit d’un enfant d’être élevé par ses parents et reconnaît « l’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans le milieu familial, dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension ».

MMM propose donc une journée de débat général sur les parents / familles dans la réalisation des droits de l’enfant. Son objectif serait de discuter des politiques de protection de l’enfance et d’échanger les meilleures pratiques sur la manière dont les gouvernements peuvent le mieux aider les parents et les familles sous toutes ses formes afin de garantir aux enfants un environnement familial sain, sans violence et nourricier.

Proposition de MMM pour la journée de débat général sur les droits de l’enfant de 2020  (en anglais)

 

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