13.11.25
A l'approche de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Belem, Brésil (COP30), MMM a eu le plaisir de collaborer avec le Dr. Saravanan Thangarajan,chercheur invité et membre du corps enseignant de la Harvard T.H. Chan School of Public Health, afin d'élaborer une note d'orientation sur une question cruciale mais négligée dans les discussions et le financement liés au climat : la santé maternelle . Co-rédigée avec notre responsable du plaidoyer auprès des Nations unies, Valerie Bichelemeir,cette note d'orientation met notamment en lumière l'impact du changement climatique sur la santé mentale des mères, qui est totalement négligé. Il s'agit d"un appel urgent à intégrer la santé mat ernelle et néonatale dans les politiques climatiques et les stratégies d'adaptation.
Le changement climatique représente une menace croissante pour la santé maternelle et néonatale. La hausse des températures, la détérioration de la qualité de l’air, l’insécurité alimentaire, les déplacements de population et la raréfaction des ressources mettent en danger les femmes et les nourrissons. Ces facteurs de stress environnementaux sont liés aux naissances prématurées, à l’insuffisance pondérale à la naissance et à la mortalité fœtale, et ils aggravent les inégalités existantes en matière de santé.
La grossesse augmente la température corporelle interne et le volume sanguin, rendant les femmes plus vulnérables à la chaleur. Chaque augmentation de 1 °C pendant la fin de la grossesse peut augmenter le risque de mortinatalité jusqu’à 10 %. Les nourrissons, qui ne peuvent pas réguler efficacement leur température corporelle, sont exposés à des risques accrus de déshydratation, de détresse respiratoire et de décès.
Les effets du changement climatique vont au-delà des aspects physiques. Les facteurs de stress environnementaux accentuent l’anxiété, la dépression et les traumatismes chez les mères, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire où les systèmes de santé sont déjà mis à rude épreuve.
À l’échelle mondiale, 10 % des femmes enceintes et 13 % des nouvelles mères souffrent d’un trouble mental, principalement de dépression, dont les taux sont encore plus élevés dans les régions pauvres et dans le contexte de crises telles que le changement climatique. Les cas graves peuvent conduire au suicide, tandis que même une détresse modérée affecte l’allaitement, les soins et le développement de l’enfant.
Bien qu’elle soit traitable, la santé mentale maternelle reste largement absente des plans nationaux d’adaptation et du financement climatique.
Le changement climatique aggrave les inégalités sociales et entre les sexes, notamment par son impact sur les tâches domestiques non rémunérées. Les femmes accomplissent 76 % de toutes les tâches domestiques non rémunérées dans le monde, et les chocs climatiques alourdissent encore ces responsabilités, exigeant davantage de temps pour aller chercher de l’eau, soigner les malades et assurer la survie du foyer.
Les communautés à faibles revenus et marginalisées, souvent exposées à des chaleurs extrêmes, à des conditions de logement précaires et à des infrastructures sanitaires insuffisantes, sont celles qui supportent les coûts les plus lourds. Dans ces contextes, prendre soin d’un nouveau-né devient un véritable tour de force dans un contexte de stress environnemental et économique croissant.

Dr. Saravanan Thangarajan in conversation with a mother in India – Photo Courtesy: Sreeaarthi Ramarao
Pourtant, moins de 0,5 % des financements multilatéraux consacrés au climat sont actuellement destinés à la santé, et la santé mentale maternelle reste totalement négligée. Réorienter les financements climatiques vers la santé maternelle et infantile est à la fois un devoir moral urgent et un investissement économique judicieux.
Des solutions éprouvées existent déjà. Des cliniques alimentées à l’énergie solaire et du suivi numérique en Inde aux outils innovants tels que CliMent, qui utilise des données climatiques et comportementales pour détecter la détresse maternelle, des modèles pratiques sont disponibles et évolutifs.
Protéger les mères, c’est investir dans l’avenir et le protéger. La justice climatique est incomplète sans la justice en matière de soins. Autonomiser les mères et intégrer la santé maternelle, physique et mentale, dans l’action et le financement climatiques n’est pas de la charité ; c’est la pierre angulaire de la résilience climatique et du bien-être intergénérationnel.
Lire la totalité de la Note d’Orientation
28.08.25
Le 22 septembre 2025, les voix des mères seront à l'honneur à Bruxelles. Pour la première fois, Make Mothers Matter (MMM) présentera les résultats de son enquête sur l'Etat de
01.08.25
ONU New York – A la suite de la journée annuelle 2025 du Conseil des Droits de l'Homme consacrée aux enfants– qui était centrée sur le Développement de la petite
06.07.25
ONU New York – Inscrivez-vous dès maintenant pour participer en ligne à notre événement parallèle du Forum politique de haut niveau.
16.03.26
Make Mothers Matter (MMM) a répondu à la Consultation publique sur la prochaine Initiative de la Commission européenne sur la transférabilité des compétences. Nous avons soumis un document exposa
14.03.26
ONU Genève – la contribution de MMM à l'appel à contribution du HCDH sur l'impact des problèmes de santé mentale sur la pleine jouissance des droits humains par les jeunes souligne une question essentiel
13.03.26
ONU Genève – en réponse à l'Appel à contributions du HCDH sur le financement climatique et les droits humains MMM fait valoir que, pour être véritablement efficace et fondé sur les droits humains, le f
12.03.26
Make Mothers Matter (MMM) a soumis une réponse formelle à la récente consultation de la Commission européenne sur la Stratégie en faveur des Droits des Personnes handicapées jusqu'en 2030, appelant à une
12.03.26
ONU Genève – ONU Genève – Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies est un espace essentiel pour porter des questions clés dans les discussions mondiales sur un large éventail de sujets et po
10.03.26
Make Mothers Matter a été invité par ETUI à son événement : « Le genre au travail : rendre l'invisible visible », afin d'y aborder la question de la maternité au travail dans l'Union européenne. Au co