27.04.23
ONU New York - Cette année, le thème principal de la Commission ONU de la Condition des femmes (CSW) était Innovation, changement technologique, éducation à l'ère numérique pour parvenir à l'égalité des sexes et à l'autonomisation de toutes les femmes et les filles. Voici un bref rapport des points forts de cette session.
L’égalité entre les hommes et les femmes reste une préoccupation importante : au rythme actuel des progrès, ONU Femmes estime qu’il faudra près de 300 ans pour y parvenir. En ce qui concerne les droits numériques, trois milliards de personnes ne sont toujours pas connectées, la majorité d’entre elles sont des femmes dans les pays en développement. Il est aussi important de garder à l’esprit que la technologie ne peut pas être utilisée à son plein potentiel si les femmes ne sont pas impliquées.
Comme l’a réaffirmé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors de la séance d’ouverture : « Nous ne pouvons pas laisser les Silicon Valleys de notre monde devenir des Death Valleys pour les droits des femmes ».
La Commission 2023 a révélé les défis réels et multiples de l’inclusion plus large des femmes dans l’environnement numérique. Elle a aussi été l’occasion d’échanger des connaissances et des bonnes pratiques. La numérisation et les outils numériques offrent de nombreuses possibilités d’autonomisation des femmes. Les technologies peuvent contribuer à réduire le temps que les femmes consacrent aux soins non rémunérés, leur permettant d’avoir plus de temps pour s’impliquer dans un travail rémunéré ou d’autres activités. Toutefois, si une technologie comme l’intelligence artificielle peut libérer du temps, elle n’a pas démontré l’empathie nécessaire pour prendre soin des personnes. La technologie ne remplace pas les aidants, dont le rôle reste essentiel.
La technologie peut jouer un rôle clé dans la création de solutions pour faire reculer l’inégalité entre les hommes et les femmes. Mais les défis concernant l’accessibilité demeurent : cela commence simplement par l’accès à internet ou même à l’électricité. Les données et l’intelligence artificielle sont d’autres défis majeurs. En ce qui concerne les données, nous reconnaissons leur importance et l’utilisation pratique de la technologie pour les collecter. Mais nous avons besoin de plus de données ventilées par sexe, et les enquêtes doivent être accessibles (dans un format ouvert, avec une utilisation facile et un langage compréhensible). L’intelligence artificielle génère des préjugés, en particulier à l’égard des femmes. Les algorithmes sur lesquels reposent les outils d’intelligence artificielle sont développés par des équipes majoritairement composées d’hommes, ce qui peut conduire à des discriminations. La CSW a également souligné l’importance et l’urgence d’impliquer davantage de femmes dans les STIM.
De nombreux autres sujets ont été abordés au cours des deux semaines de la Commission annuelle, notamment certains plus spécifiquement liés aux mères et à l’aide à l’enfance.
Quelques points essentiels à retenir:
En conclusion, la Commission de la condition de la femme considère la technologie comme un outil efficace pour renforcer l’autonomie des femmes et réduire les inégalités entre les sexes – un outil que nous devons développer et rendre accessible à tous.
Les pays d’Amérique latine, dont l’Argentine, le Chili, le Mexique et l’Uruguay, ont clairement pris les devants en reconnaissant le Care comme un droit ou en mettant en œuvre des politiques nationales en la matière.
MMM s’est engagé à poursuivre son travail de sensibilisation, à promouvoir des politiques nationales globales et intersectorielles en matière de Care et à plaider pour la reconnaissance du Care comme un droit au niveau international : Le droit de fournir des soins (Right to care), le droit d’être soigné (Right to be cared for) et le droit prendre soin de soi-même (Right to self-care).
➔ Voir également notre déclaration écrite à la Commission: ‘Harnessing digital technologies to empower mothers – and their children‘

De Droite à Gauche: Passy Mubalama, Fondatrice & Directrice de AIDPROFEN, membre associé de MMM basée en RDC, Constance Nothomb, MMM; Jacqueline Leduc, MMM; Carmen Quintanilla, Directrice AFAMMER, membre associé de MMM basée en Espagne; Irène Montero, Ministre de l’égalité en Espagne; Justine Besson, MMM
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