04.07.20
UN New York, HLPF - Invitation à un webinaire, événement parallèle au Forum de Haut Niveau Politique, organisé le 16 Juillet
MMM HLPF 2020 Flyer de l’événement parallèle à télécharger
Contexte:
Panel des Intervenants:
Rima Salah, Professeur au Yale Child Study Centre et Présidente du Early Childhood Peace Consortium (ECPC) – Rima Salah est aussi co-éditrice du livre, “Les Voies de la Paix : le pouvoir transformateur des enfants et des familles”
Valentina Urreiztieta, psychologue chez Empreinte Humaine,une entreprise française spécialisée dans les risques psychosociaux et le bien-être au travail
Susan Himmelweit, Economiste féministe Britannique, Professeur Émérite d’économie à l’Open University (Royaume Uni) et coordinatrice du groupe consultatif politique du groupe Women’s Budget Group.
Amanda Janoo, Responsable des savoirs et politiques à l’Alliance pour une économie du bien être (WEAll)Q&R
Mot de la fin :
Partout dans le monde, tant dans les pays développés que dans les pays en développement, les femmes assument la majorité du travail de care, c’est à dire les travaux domestiques et de soins non rémunérés, jonglant souvent entre le travail rémunéré et les responsabilités familiales, ceci au détriment de leurs aspirations personnelles, de leur indépendance économique, voire de leur santé.
L’évaluation du SDG 5, « Réaliser l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles« , réalisée en 2019, a montré que dans les quelque 90 pays pour lesquels des données sont disponibles, les femmes consacrent en moyenne trois fois plus d’heures par jour que les hommes aux soins non rémunérés et aux travaux domestiques, ce qui limite le temps disponible pour le travail rémunéré, l’éducation et les loisirs[1]. Cette répartition inéquitable du travail familial non rémunéré renforce les désavantages socio-économiques des femmes, en particulier lorsqu’elle s’entrecroise avec des discriminations liées à la race/l’ethnicité, à l’âge ou au statut migratoire. Elle reste l’un des principaux obstacles à l’égalité des sexes.
La crise de Covid-19 a exacerbé cette situation. Dans les familles avec enfants, les mères, bien plus que les pères, ont vu le temps qu’elles consacrent à leurs des enfants augmenter pendant le confinement[2]. En plus de leurs responsabilités domestiques, de soins et d’éducation habituelles, elles ont dû suppléer aux écoles et aux crèches, et plus globalement aux organismes éducatifs qui sont actifs auprès des enfants en temps normal – tout en essayant, dans la mesure du possible, de continuer à travailler pour avoir un revenu. Et sur le front de l’emploi, la crise a particulièrement touché les femmes, surtout si elles sont mères – là encore, en grande partie à cause de l’augmentation de leur travail de soins non rémunéré[3].
Alors que nos vies se sont recentrées en mettant l’accent sur nos besoins les plus fondamentaux, la crise de Covid-19 a mis en évidence à quel point le care, les soins et le personnel soignant, sont au cœur du bien-être humain et social, et combien ils sont essentiels au développement économique. Elle a également mis en lumière le fait que ce travail essentiel est principalement effectué par les femmes, qu’il est sous-évalué ou considéré comme allant de soi, sous-payé ou pas payé du tout. En outre, elle a révélé l’importance du rôle des mères ; jamais auparavant le mot « mère » n’avait été aussi largement utilisé dans les médias.
Cette crise nous offre une opportunité de changement systémique, notamment en ce qui concerne la finalité et le fonctionnement de nos économies. La crise montre clairement les limites de notre système économique actuel, qui est fondé sur une croissance sans fin du PIB et qui privilégie les profits sur la vie. Notre système actuel ignore complètement la valeur essentielle des activités de soins non rémunérées ainsi que notre environnement naturel, qui à la fois subventionne l’économie monétisée et est considéré comme une ressource gratuite et inépuisable – un fait que les économistes féministes dénoncent depuis de nombreuses années.
Le rapport Oxfam 2020 le dit clairement: Time to Care[4]. L’objectif 5.4 de l’ Agenda 2030[5] fournit un cadre propice – Reconnaitre, Réduire et Redistribuer le travail de soin non rémunéré – pour résoudre le sujet de la répartition inégale des activités de soin non rémunéré. Et plus généralement, les ODD fournissent un tableau de bord exhaustifs d’objectifs et d’indicateurs pour veiller au bien-être des personnes et d notre planète
Mais cela ne suffit pas. La mise en œuvre des ODD doit être soutenue par un changement de paradigme dans la manière dont nous gérons nos économies et dans les priorités que nous donnons à notre système économique. Il est temps que nous allions « au-delà du PIB », c’est-à-dire au-delà des objectifs de croissance du PIB et de réalisation de bénéfices en tant que principaux moteurs de nos économies. Au lieu de cela, le bien-être des personnes et de la planète doivent être les objectifs principaux de nos économies, et de nouveaux indicateurs doivent être utilisés pour intégrer et soutenir ces objectifs de bien-être afin de guider l’établissement des budgets et l’élaboration des politiques des gouvernements – les femmes devant être représentées de manière adéquate dans le processus décisionnel.
La crise de Covid-19 a mis en évidence ce qui est essentiel et ce qui compte pour nous, et cela commence par le care et la famille. Pour commencer, le nouveau système économique doit reconnaître la valeur du care et veiller à ce que ceux qui fournissent ce travail, en particulier les mères, ne soient pas pénalisés pour avoir assumé cette responsabilité, mais aussi, à ce que les compétences qu’elles développent en s’occupant de leurs enfants et en les éduquant soient dûment reconnues et valorisées. Élever et éduquer les enfants – les futurs travailleurs et citoyens – afin qu’ils réalisent pleinement leur potentiel – est essentiel pour l’avenir de nos sociétés et doit être soutenu de manière adéquate.
Les 3 pays – Islande , Nouvelle Zélande and Ecosse – qui ont crée l’Alliance pour une économie de bien-être (WEAll)[6], nous montrent la voie à suivre pour aller de l’avant grâce à la budgétisation du bien-être et à l’utilisation de nouveaux ensembles d’indicateurs de bien-être, de durabilité et d’équité pour guider l’élaboration des politiques. De nombreuses collectivités locales ainsi que des entreprises privées sont également engagées dans la voie d’une économie plus solidaire et plus durable.
Du niveau mondial au niveau local, les plans de relance Covid-19 devraient apporter un tel changement systémique – qui est également essentiel pour faire de la mise en œuvre des SDG une réalité.
[1] https://unstats.un.org/unsd/ccsa/documents/covid19-report-ccsa.pdf
[2] https://www.ifs.org.uk/publications/14861
[3] La disproportion de l’impact de la crise sur les femmes, notamment les mères, est de plus en plus document. Voir en Exemple https://www.theguardian.com/global-development/2020/may/29/we-are-losers-in-this-crisis-research-finds-lockdowns-reinforcing-gender-inequality
[4] https://www.oxfam.org/en/research/time-care
[5] Objectif 5.4: “Reconnaître et valoriser le travail de soins non rémunéré et le travail domestique par la fourniture d’infrastructures et de services publics, la mise en place de politiques de protection sociale et la promotion d’une responsabilité partagée au sein du ménage et de la famille, selon les contextes nationaux”
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