05.03.21
Make Mothers Matter se félicite de la déclaration faite récemment par Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme [1].
Cette déclaration a été faite à l’issue d’une mission officielle d’enquête de deux mois dans l’UE, destinée à examiner l’impact des politiques de l’Union européenne sur l’éradication de la pauvreté. Cette déclaration de fin de mission, publiée le 29 janvier 2021, fournit non seulement une analyse approfondie et détaillée de la situation dans l’UE, mais propose également des mécanismes et des stratégies visant à résoudre les problèmes existants en matière de lutte contre la pauvreté.
Ces propositions font écho aux demandes et aux préoccupations communes présentées par MMM et d’autres membres de la Plateforme Sociale lors d’une table ronde avec M. De Schutter. A cette occasion, différentes organisations ont présenté leurs contributions sur :
Cet échange nous a donné l’occasion de présenter les défis et les opportunités spécifiques aux mères et à leurs familles.
Nous avons abordé la nécessité de redéfinir le « travail » comme un concept holistique, combinant à la fois le travail rémunéré et non rémunéré. Le travail de soins non rémunéré est un soutien indispensable à l’économie mondiale et l’égalité des sexes ne sera jamais atteinte tant que ce travail essentiel non rémunéré ne sera pas reconnu, réduit et redistribué.[2]
Nous avons informé le rapporteur qu’environ 80 % du temps consacré à la prise en charge des enfants, des personnes handicapées ou des personnes âgées est assurée par des aidants informels : famille, amis ou voisins. Mais que cette tâche incombe principalement aux femmes. En outre, les systèmes de pension actuels cumulent les inégalités qui se produisent tout au long de la vie d’une personne.
MMM a indiqué que les femmes sont plus exposées au risque de pauvreté et d’exclusion
sociale que les hommes (22,8% des femmes contre 20, 8 des hommes 2018)[3] et les mères célibataires sont particulièrement vulnérables. Comme l’indique le rapporteur spécial, » ces chiffres de la pauvreté occultent toutefois les visages des personnes concernées : les mères isolées pour qui jongler entre les responsabilités de soins et de travail est pratiquement impossible… » En effet, « les femmes sont également représentées de manière disproportionnée parmi les familles monoparentales (85%), dont 40,3% ont des enfants et sont menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale »[4].
MMM a souligné le niveau élevé de personnes sans abri existant chez les mères et leurs familles. Les femmes sont confrontées à un risque accru de sans-abrisme et/ou ont plus de difficultés à accéder à un logement, pour elles-mêmes et leur famille. Cela est dû aux loyers élevés du secteur privé, à la difficulté d’accéder à des logements abordables (de plus en plus rares dans de nombreuses villes), à la discrimination et au risque plus élevé d’expulsion.
Certains de ces risques ont été exacerbés par la pandémie. Les familles monoparentales sont plus exposées que jamais.[5]
De nombreux pays, comme la Belgique et la Finlande, considèrent que la crise actuelle du COVID-19 frappe le plus durement les mères célibataires et leurs enfants.
Comme le démontrent de nombreuses études, les pays qui combinent des politiques universelles et des mesures politiques ciblant les parents isolés affichent des taux de pauvreté inférieurs chez ces derniers.[6] MMM demande donc des mesures universelles et une politique adaptée spécifiquement aux parents isolés. Il s’agit notamment des allocations familiales (et des avances garanties), des compléments financiers aux allocations familiales qui sont ciblés sur les parents isolés en situation de pauvreté. Nous demandons également la mise en place de régimes de revenu minimum adéquats, accessibles et habilitants qui ont un rôle essentiel à jouer en tant que filet de sécurité ultime.
Nous partageons l’avis du rapporteur selon lequel la pauvreté ne sera pas éradiquée par les seules politiques de l’emploi, mais bien par des mesures de redistribution fortes.
En ce qui concerne la garantie pour les enfants, Make Mothers Matter a demandé l’inclusion du soutien aux familles. Comme l’affirme à juste titre Olivier De Schutter, « le soutien aux enfants ne peut être dissocié du soutien à l’accès des parents à l’emploi et à un niveau de vie décent… L’amélioration de la situation des enfants passe par l’amélioration de la situation de leur famille« .[7]
Make Mothers Matter appelle à la nécessité de garantir l’accès à des soins de santé abordables et de qualité pour tous. Cela inclut l’accès à des soins de santé maternelle de qualité pendant la grossesse et après l’accouchement. Ce droit à la santé repose sur les éléments fondamentaux que sont la disponibilité, l’accessibilité, l’acceptabilité et la qualité.
Malgré tous les instruments juridiques, des politiques et des pratiques persistent à discriminer les femmes ou à saper leur capacité à prendre des décisions concernant leur propre santé ou à limiter leur accès à des soins et des informations de qualité.
Il existe d’importantes disparités entre les États membres, qui peuvent être attribuées à divers facteurs, l’un des principaux étant l’inégalité d’accès aux soins de santé maternelle. La plupart des décès maternels peuvent être évités si les naissances sont assistées par des professionnels de la santé qualifiés, correctement formés et disposant d’un équipement adéquat, si les femmes enceintes ont un accès régulier aux soins de santé maternelle.
Nous avons informé le rapporteur que dans toute la région européenne, les taux de mortalité périnatale varient selon le groupe social et ethnique, les migrants ayant tendance à être le groupe le plus défavorisé. Et que des pratiques irrespectueuses dans les établissements de soins menaçant la santé maternelle et les droits humains fondamentaux sont signalées quotidiennement.
Le rapporteur spécial des Nations unies présentera son rapport final lors de la 47e session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies en juin 2021.
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