Du local au mondial: des solutions concrètes pour mieux soutenir les mères

16.12.24

ONU, Genève - Le groupe de travail sur la discrimination à l'égard des femmes et des filles a demandé des informations sur les politiques et les programmes de soins dans le monde entier. En plus de souligner des exemples de bonnes lois, politiques et pratiques qui reconnaissent et soutiennent les aidants non rémunérés, dans sa réponse, MMM a rappelé que les mères sont particulièrement touchées par leurs responsabilités de soins dans tous les aspects de leur vie et qu'elles devraient être accompagnées de manière appropriée.

Le groupe de travail des Nations Unies sur les discrimination sà l’égard des femmes et des filles prépare un rapport sur les dimensions sexospécifiques des soins et de l’assistance. Pour alimenter ce rapport, nous avons répondu aux questions posées dans leur appel à contribution et fourni des informations sur les bonnes pratiques existantes en termes de politiques et de programmes aux niveaux international, régional, national et local.

Alors que la pandémie de Covid-19 a mis en lumière le rôle essentiel du travail de soins, rémunéré ou non, les politiques mondiales restent à la traîne en ce qui concerne les pénalités économiques et sociales auxquelles sont confrontés les soignants. Nos sociétés et nos politiques économiques continuent de privilégier la croissance au détriment des soins et du bien-être.

Néanmoins, plusieurs pays sont plus avancés, notamment en Amérique latine, et offrent des voies possibles et des exemples intéressants sur lesquels s’appuyer.

Exemples de bonnes politiques de soins

  • Au niveau législatif, l’Équateur a inscrit dans sa constitution le droit aux soins, qui implique la protection des soignants et des soignés. Au niveau municipal, la ville de Mexico reconnait les soins comme un droit inscrit dans sa Constitution politique
  • La réponse à la crise actuelle des soins doit être pensée de façon holistique. Il est nécessaire de travailler de manière intersectorielle, en intégrant les soins dans les politiques économiques, du travail, de la santé et de l’éducation. C’est ce qu’ont fait plusieurs pays d’Amérique latine en développant des systèmes nationaux de soins impliquant différents ministères. L’Uruguay a été le premier, en 2015, à mettre en place un système national intégré de soins pour développer les services de soins, améliorer la formation des prestataires de soins et induire une transformation culturelle de la société. D’autres pays comme l’Argentine et le Chili lui emboîtent le pas.
  • Au niveau local, les municipalités sont également des acteurs essentiels pour l’élaboration de nouvelles solutions. Bogota, la capitale de la Colombie, est un bon exemple avec ses « blocs de soins » autour de la ville, qui sont conçus pour rendre accessibles tous les services essentiels liés aux soins, soulager les aidants et les soutenir dans leurs responsabilités d’aidants.
  • Les politiques de garde d’enfants sont essentielles pour soutenir les mères et, dans le cadre de notre réponse, nous saluons la révision des « objectifs de Barcelone » de l’UE qui accompagnent la stratégie européenne 2022 sur les soins et la santé. Toutefois, non seulement des services de garde d’enfants de qualité doivent être accessibles à toutes les familles, mais les politiques doivent aussi veiller à ce que ceux-ci ne se limitent pas à la crèche mais au contraire, proposent différentes solutions pour répondre à la diversité des besoins des familles. La petite enfance, en particulier, est une période clé durant laquelle l’accompagnement des parents et des professionnels de l’enfance doit être assuré. Pourtant, dans de nombreux pays, le coût de la garde d’enfants reste trop élevé pour permettre à chaque ménage de choisir d’y recourir ou non. Il condamne donc souvent les mères à rester à la maison pour compenser l’insuffisance des services publics. 
  • Garantir que les jeunes enfants reçoivent des soins de qualité commence également par la mise en place de congés de maternité, de paternité et parentaux correctement rémunérés afin d’aider les parents à assumer leur responsabilité de soins pendant les premiers mois cruciaux de l’enfant. La Directive européenne de 2019 sur l’équilibre vie professionnelle vie privée constitue un premier pas dans la bonne direction en obligeant les États membres à instaurer un congé de paternité d’une durée minimale de 10 jours ouvrables, un important levier pour induire un partage plus équitable des responsabilités de soins au sein des familles.

Cependant, MMM estime que la protection de la maternité devrait être accordée à toutes les mères sans condition, alors qu’elle est généralement liée à l’emploi formel. Par conséquent, près de la moitié des mères de nouveau-nés ne reçoivent pas de prestations de maternité en monétaire. Cette lacune doit être comblée car elle peut placer les mères – et leurs enfants – dans des situations de précarité.

Initiatives prometteuses

Les mères seules sont particulièrement vulnérables à la pauvreté parce que les tâches familiales de soins et d’éducation non rémunérées, qu’elles assument seules, limite leur capacité à consacrer suffisamment de temps à une activité rémunérée formelle. Elles devraient bénéficier d’un soutien adapté. A titre d’exemple de bonne pratique, la commune de Ris Orangis en France a créé un statut municipal pour les parents seuls qui prévoit des droits et des avantages spécifiques pour faciliter leur vie quotidienne et leur accès à la garde d’enfants, à l’emploi et au logement.

 Pour faciliter l’accès ou le retour au travail des mères, la reconnaissance et la validation des compétences qu’elles acquièrent en s’occupant de leurs enfants et en les éduquant constituent une voie prometteuse.Le projet MAV  (Mom Virtual Assistant Project) est une initiative de l’UE qui constitue un bon exemple à suivre : il aide non seulement les mères à acquérir de nouvelles compétences numériques et entrepreneuriales, mais il tire également parti des compétences non techniques uniques qu’elles ont acquises grâce à la maternité pour les autonomiser et les élever du point de vue professionnel.

Dernier poitn, mains non des moindre, notre réponse à l’appel à contribution souligne les bonnes pratiques mises en place par  nos associations membres de terrain. En particulier, le réseau international des centres de mères pour l’autonomisation soutient les mères en leur offrant des espaces où elles peuvent se rencontrer, partager leurs expériences, s’entraider et trouver du réconfort et du soutien. Nombre de nos membres proposent également des formations et un soutien aux mères isolées au Maroc (Ahddane), en Uruguay (Ceprodih), en Espagne (Fundacion Isadora Duncan), au Kenya (Passion to Share Foundation) et aux Pays-Bas (Single Super Moms).

Ces divers exemples de politiques et de programmes aux niveaux international, national et local montrent des voies d’amélioration prometteuses. Les décideurs ont la responsabilité d’aborder les dimensions sexospécifiques des soins, en reconnaissant que le bien-être des soignants et des soignés est l’épine dorsale d’une société saine et d’une économie qui fonctionne.

Ici notre réponse en totalité à l’appel à contribution

 

 

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