19.05.26
La Commission européenne a lancé la toute première stratégie anti-pauvreté de l'UE — une initiative historique visant à réduire la pauvreté et l'exclusion sociale à toutes les étapes de la vie, de la petite enfance 'au grand âge.
MMM salue la reconnaissance, dans cette stratégie, du fait que la pauvreté infantile ne peut être traitée indépendamment des réalités économiques auxquelles les familles sont confrontées. La pauvreté est façonnée par des revenus insuffisants, un travail précaire, des responsabilités de soins inégalement réparties, des obstacles à l’accès aux services et des systèmes qui trop souvent n’atteignent pas ceux qui en ont le plus besoin.
La stratégie reconnaît également plusieurs réalités longtemps ignorées pour lesquelles nous nous sommes battus pendant des années : les responsabilités de soins non rémunérés continuent de peser de manière disproportionnée sur les mères ; les femmes subissent des désavantages sociaux et économiques cumulatifs tout au long de leur vie ; le non-recours aux droits et prestations sociales est dû non seulement à la complexité administrative, mais aussi à des obstacles psychologiques, structurels et culturels.
Nous saluons également l’approche par cycle de vie de la stratégie en matière de pauvreté et d’exclusion sociale, qui reconnaît que les désavantages s’accumulent au fil des différentes étapes de la vie et se transmettent souvent d’une génération à l’autre. Tout aussi importante est la reconnaissance du fait que lutter contre la pauvreté infantile nécessite de renforcer l’accès des parents à des ressources adéquates, grâce à des opportunités d’emploi de qualité, un soutien au revenu suffisant pour les familles vulnérables, des systèmes efficaces de prestations pour l’enfance et la famille, ainsi que des pensions complémentaires adéquates pour garantir la sécurité financière à un âge avancé.
Aujourd’hui, près de 93 millions de personnes dans l’UE — soit environ une sur cinq — sont exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Un enfant sur quatre grandit dans cette réalité.
Les familles monoparentales, les familles nombreuses et les personnes handicapées restent parmi les groupes les plus vulnérables face à la pauvreté.
Malgré quelques progrès enregistrés ces dernières années, l’UE n’est actuellement pas en bonne voie pour atteindre son objectif 2030 qui consiste à sortir au moins 15 millions de personnes de la pauvreté ou de l’exclusion sociale, dont 5 millions d’enfants. Atteindre cet objectif nécessitera des actions bien plus ambitieuses et coordonnées entre les États membres.
Ce qui distingue cette stratégie, c’est qu’elle reconnaît que la pauvreté est rarement un événement isolé. Elle se développe dans le temps, s’approfondit lors des transitions de vie et se transmet souvent d’une génération à l’autre.
La stratégie aborde donc la pauvreté à chaque étape de la vie : soutien aux enfants et aux familles, aide aux jeunes pour accéder à un emploi de qualité, lutte contre la pauvreté au travail chez les adultes en âge de travailler, et prise en compte des inégalités de pension entre hommes et femmes qui laissent tant de femmes âgées dans une situation de vulnérabilité économique.
Au cœur de cette approche figure une inclusion active qui combine :
Cette approche intégrée est indispensable si l’on veut réduire la pauvreté de manière durable, plutôt que de la gérer temporairement.
La pauvreté infantile n’existe pas dans le vide. Elle existe au sein des familles, et son principal moteur est la faiblesse des revenus parentaux.
Les obstacles à l’emploi, le travail précaire et mal rémunéré, ainsi que la hausse des coûts du logement, de l’énergie et de l’alimentation exercent une pression considérable sur les familles avec enfants.
Les foyers monoparentaux — dont la grande majorité est dirigée par des femmes — sont confrontés à des risques particulièrement sévères. Les mères célibataires sont plus de deux fois plus susceptibles d’être exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale que la population générale.
Il ne s’agit pas d’un problème marginal — c’est un échec structurel.
Lutter contre la pauvreté infantile implique donc de lutter contre la pauvreté parentale. Cela signifie accompagner les parents vers un emploi de qualité, tout en veillant à ce que les systèmes de prestations pour l’enfance et la famille soient adéquats, bien conçus, accessibles et efficaces.
Dans l’ensemble de l’UE, les systèmes de prestations varient considérablement en termes de couverture et d’adéquation. Trop de familles passent encore à travers les mailles du filet, car le soutien est fragmenté, difficile d’accès ou mal coordonné.
La recommandation que la Commission prévoit d’adopter en 2027 sur les systèmes de prestations liées aux enfants sera une occasion cruciale de remédier à ces lacunes.
Les chiffres sont sans appel : dans l’UE, le risque de pauvreté frappe 6,7 millions de femmes de plus que leurs homologues masculins.
Les femmes continuent de faire face à des taux d’emploi plus faibles, à davantage d’interruptions de carrière, à des salaires moins élevés et à une part disproportionnée du travail de soins non rémunéré.
Ces inégalités s’accumulent tout au long du parcours de vie, se traduisant par des revenus cumulés plus faibles et des pensions moins élevées à un âge avancé.
De nombreux parents ayant des responsabilités de soins — en particulier les mères — ne peuvent toujours pas accéder à un accueil et une éducation de la petite enfance de qualité, ou n’ont pas les moyens de se les offrir. Cela contribue directement à l’écart d’emploi persistant entre les femmes et les hommes. Combler cet écart n’est pas seulement une question d’égalité entre les sexes. C’est une mesure centrale de lutte contre la pauvreté.
Au-delà de l’emploi, la discrimination et la stigmatisation continuent de repousser certains groupes vers les marges de la société — limitant leur accès à l’emploi, à l’éducation, au logement et aux services, et portant atteinte à leur dignité et à leur participation à la vie sociale. Cette stratégie reconnaît une vérité difficile : l’exclusion n’est pas séparée de la pauvreté — elle l’alimente.
La Commission invite les États membres à mettre en place des cadres nationaux cohérents de lutte contre la pauvreté et à nommer des coordinateurs anti-pauvreté dédiés au plus haut niveau politique.
De nouveaux indicateurs de pauvreté et des outils de suivi renforcés devraient être adoptés d’ici 2028. Ces mécanismes seront indispensables pour garantir la responsabilisation et mesurer si les engagements se traduisent par des améliorations concrètes dans la vie des personnes concernées.
Cette stratégie trace la voie vers l’objectif de réduction de la pauvreté de l’UE à l’horizon 2030 et vers les objectifs à plus long terme d’éradication de la pauvreté d’ici 2050.
Mais les stratégies seules ne réduisent pas la pauvreté. Ce sont les choix politiques qui le font. Atteindre ces objectifs nécessitera un engagement soutenu des gouvernements, des partenaires sociaux, des organisations de la société civile, et — de manière cruciale — des personnes ayant elles-mêmes vécu l’expérience de la pauvreté.
MMM continuera à plaider pour que les droits et les besoins des mères soient pleinement reconnus dans les politiques anti-pauvreté de l’UE, et pour que leurs expériences soient véritablement intégrées tout au long de la mise en œuvre de cette stratégie.
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Lire la stratégie anti-pauvreté de l’UE (en anglais)
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