19.05.26
Des décideurs politiques, des chercheurs et des organisations de la société civile se sont réunis au Parlement européen pour débattre de la manière dont un soutien renforcé aux familles peut contribuer à lutter contre la pauvreté infantile et les inégalités à travers l'Europe.
Dans le cadre de la 99e édition de la série Quality of Childhood (QoC), MMM a rejoint les partenaires de l’Alliance for Childhood, notamment Learning for Wellbeing et l’Association européenne des parents (EPA), pour l’événement intitulé « Soutenir les familles dans la lutte contre la pauvreté infantile : surmonter les inégalités dès les premières étapes de la vie ».
Co-organisée par les eurodéputés Hristo Petrov (Renew Europe)Hristo Petrov (Renew Europe) et Niels Geuking (EPP), la discussion a exploré des solutions concrètes pour répondre à cet enjeu crucial.
L’événement s’est tenu peu après que la Commission européenne a présenté sa nouvelle Stratégie Anti-Pauvreté de l’UE et sa Communication sur le renforcement de la Garantie européenne pour l’Enfance, le 6 mai. Les participants ont convenu que l’accent doit désormais se déplacer de l’identification des problèmes vers la mise en œuvre de solutions concrètes centrées sur la famille.
Les intervenants ont averti que les familles à travers l’Europe font face à de multiples pressions qui se cumulent, notamment la hausse du coût de la vie, l’incertitude économique, la précarité du marché du travail, l’instabilité géopolitique, la transformation numérique et l’isolement social croissant. Ces défis affectent les ménages vulnérables de manière particulièrement sévère et accroissent le risque de pauvreté et d’exclusion pour les enfants.
L’eurodéputé Hristo Petrov nous a déclaré que « une Europe qui laisse ses enfants grandir dans la pauvreté est une Europe qui trahit ses citoyens. » Il a souligné que l’Europe dispose déjà des données et des outils politiques nécessaires pour lutter contre la pauvreté infantile, mais qu’une action politique plus forte est désormais indispensable.
Il a noté que la proportion d’enfants exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale dans l’UE est passée de 23,6 % en 2019 à 24,2 % en 2024. Les foyers monoparentaux — en particulier ceux dirigés par des femmes — restent parmi les plus vulnérables. Il a également insisté sur le fait que les enfants ne devraient jamais être séparés de leur famille en raison de la pauvreté, et a appelé à des services de prévention et de soutien familial plus solides.
Katarina Ivankovic-Knezevic, Directrice des droits sociaux et de l’inclusion à la DG Emploi de la Commission européenne, a souligné que lutter contre la pauvreté infantile nécessite de soutenir les familles dans leur ensemble.
Elle a identifié l’accès à un emploi de qualité, un soutien au revenu adéquat, un logement abordable, la garde d’enfants, les soins de santé, l’éducation et les activités extrascolaires comme des éléments essentiels pour briser les cycles de désavantage.
Elle a mis en avant la Garantie européenne pour l’enfance renforcée comme un outil important pour améliorer l’accès des enfants aux services essentiels et à l’égalité des chances. Selon Ivankovic-Knezevic, l’initiative accorde une attention accrue aux parents et aux aidants, reconnaissant que investir dans les familles est essentiel pour réduire la pauvreté infantile.
L’approche actualisée vise également à renforcer les liens entre la Garantie pour l’enfance et la Garantie pour la jeunesse, afin d’assurer une continuité du soutien de l’enfance jusqu’au début de l’âge adulte.
Elle a également mis en lumière une autre préoccupation majeure : les pressions croissantes auxquelles les enfants sont confrontés, notamment le stress, l’isolement social et les menaces au bien-être en ligne et hors ligne.
Dominic Richardson et David Harris, de Learning for Wellbeing, ont souligné l’importance d’investir dans la petite enfance en tant qu’investissement social à long terme pouvant réduire les inégalités et prévenir la pauvreté. D. Harris a lancé un appel à passer de « la guerre au bien-être » (« Warfare to Welfare »).
S’appuyant sur des données de recherche, ils ont soutenu que le soutien durant les premières années de la vie est fondamental pour le développement sain et global des enfants. Ils ont également mis en avant l’importance de systèmes de soutien parental plus solides, d’un accueil et d’une éducation de la petite enfance de qualité, de services de santé mentale et de prestations universelles pour les familles et les enfants.

Briser le cycle de la pauvreté
L’eurodéputé Niels Geuking a souligné que les enfants dont les parents ont un faible niveau d’éducation font face à un risque de pauvreté de 39,1 %, contre seulement 5,6 % pour les enfants de parents hautement diplômés.
Il a soutenu que la pauvreté se transmet souvent d’une génération à l’autre, à moins qu’une intervention précoce ne contribue à briser ce cycle.
Geuking a également insisté sur le coût économique de l’inaction, avertissant que les enfants qui ratent les premières années d’éducation ou quittent l’école prématurément portent souvent ces désavantages tout au long de leur vie. Cela, a-t-il dit, peut réduire la productivité, augmenter les coûts sociaux et exercer une pression à long terme sur les systèmes de protection sociale.
Petra Kogelnig, de l’Association européenne des Parents, a souligné l’importance de relations solides entre les enfants et leurs parents pour un développement sain et un bien-être durable.
Elle a pointé les pressions croissantes auxquelles de nombreuses familles font face pour concilier travail, responsabilités de soins et obligations éducatives, en particulier dans un environnement numérique en rapide évolution. Elle a appelé à des politiques qui soutiennent mieux l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et à une implication plus directe des parents dans les processus d’élaboration des politiques.
Kogelnig a également souligné que les stratégies anti-pauvreté devraient promouvoir la dignité, l’autonomisation et la participation des familles en situation de précarité.
Johanna Schima, de MMM, a rappelé aux participants que la pauvreté infantile est souvent associée à des privations matérielles, notamment un logement inadéquat, une mauvaise alimentation et un accès limité à l’éducation et à la garde d’enfants. Elle a cependant insisté sur le fait que la pauvreté laisse également des cicatrices émotionnelles et psychologiques qui peuvent affecter les enfants dès les premiers stades de leur vie.
Elle a précisé que soutenir les familles en situation de pauvreté doit commencer par soutenir les aidants — en particulier les mères — qui continuent d’assumer la majeure partie des responsabilités de soins tout en faisant souvent face à une insécurité financière, à une surcharge mentale et à des désavantages professionnels liés à la maternité.
J. Schima a également insisté sur le fait que le soin ne devrait pas être perçu comme un « fardeau », mais reconnu comme une contribution essentielle au bien-être et à la durabilité de la société.
L’eurodéputéBrando Benifei (S&D), l’un des premiers soutiens de la Garantie pour l’enfance, est revenu sur le développement de la Garantie européenne pour l’enfance et l’a décrite comme une évolution importante de la politique sociale de l’UE.
Il a noté que l’initiative a introduit une approche plus intégrée et préventive de la lutte contre la pauvreté infantile, en mettant spécifiquement l’accent sur l’accès des enfants aux services essentiels et à l’égalité des chances.
Plusieurs années après son adoption, il a déclaré que la Garantie pour l’enfance a déjà encouragé une attention politique accrue et des initiatives nationales à travers l’Europe, tout en avertissant que des efforts supplémentaires de mise en œuvre et d’investissement restent nécessaires pour atteindre pleinement ses objectifs.
La discussion s’est conclue sur un constat commun : si l’Europe veut que les enfants s’épanouissent, elle doit créer les conditions pour que les familles et les aidants puissent eux aussi s’épanouir.
Les participants ont convenu que soutenir les familles n’est pas seulement une priorité de politique sociale, mais aussi un investissement à long terme dans l’avenir de l’Europe.
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